VALENCE | La cryothérapie du corps entier ou l’utilisation thérapeutique du froid pour soulager différents types de douleurs

VALENCE | La cryothérapie du corps entier ou l'utilisation thérapeutique du froid pour soulager différents types de douleurs

Cryosud lance la première unité mobile de cryothérapie de Drôme ­Ardèche.

Vincent Piraux a installé son unité mobile de cryothérapie du corps entier sur la place Jean Rostand à Valence. De là, elle rayonnera sur les départements de la Drôme et de l’Ardèche, voire sur la région Rhône-Alpes.

Photo société Boréas

Cryosud, société créée par Vincent Piraux, est portée sur les fonts baptismaux cette semaine.

Elle se propose de dévelop­per la cryothérapie du corps entier (CCE), tant auprès de personnes souf­frant de douleurs rhumatis­males qu’auprès des spor­tifs désireux de mieux récu­pérer.

Vincent Piraux a optépour l’unité mobile afin de pouvoir se rendre là où sont les patients (centres de réé­ducation ou de cure par exemple) et sur des « évé­nementiels sportifs », ajou­te­ t­ il en pensant notam­ment à l’Ardéchoise.

« L’utilisation thérapeuti­que du froid remonte à lanuit des temps. En Europe, on l’attribue à Hippocra­te. Les bénéfices du froid sur la santé ont été vantés par les populations nordi­ques, adeptes des bains hi­vernaux en eau glacée et dans la neige », rappelle le Dr Gérard Guillaume, rhu­matologue et médecin du sport, en préambule de son étude consacrée à l’expé­rience de CCE qu’il a me­née avec une équipe cyclis­te professionnelle.

Une technique antalgique, qui soulage mais ne guérit pas. À l’origine, la cryothérapie du corps entier par exposi­tion à des températures de –110 à – 140° était utilisée pour le traitement de la douleur, dans un premier temps rhumatismale puis post­traumatique. Ses ef­fets antalgiques sont avé­rés.

Tous les récepteurs ther­miques présents à la surfa­ce de la peau sont stimulés par le brusque et sévère changement de températu­re. Or, lorsque « le cerveau reçoit des messages qui proviennent de l’ensemble de l’organisme, l’intégra­tion de la douleur est désor­ganisée », explique le Dr Gérard Guillaume.

La CCE a aussi des vertus anti­inflammatoires. Elle augmente les cytokines an­ti­inflammatoires et dimi­nue les cytokines pro­-in­flammatoires. Et ce en association avec la diminution des prostaglandines 2. Dès lors, elle est susceptible d’agir sur l’œdème post­traumatique.

Elle aurait aussi un effet positif sur le stress oxydant, lié à la pratique sportive. Et sur le système immunitaire en améliorant les résistan­ces aux infections. Et sur le système respiratoire égale­ment en améliorant l’état des asthmatiques.

Enfin, la CCE agit positi­vement sur le système car­dio­vasculaire. La fréquen­ce cardiaque est ainsi augmentée par stimulation du système nerveux sympathi­que. Mais, ici, existent des contre­ indications, notam­ment l’hypertension arté­rielle non contrôlée. Quant aux effets bienfai­sants de la CCE sur le stress, les troubles du som­meil, les jambes lourdes et le poids, ils n’ont pas encore été validés médicalement.

De là à prétendre que la cryothérapie du corps en­tier soigne tous les maux, il y a un pas que Vincent Pi­raux ne franchira jamais. Si elle peut aider le sportif à récupérer très vite sa tonici­té musculaire ou à préparer son entraînement, la CCE ne guérira pas les person­nes souffrant de polyarthri­te rhumatoïde par exemple. Mais elle les soulagera réellement.
M­N.C.

Indications : du soulagement des rhumatismes à la préparation sportive

La conférence médicale de Bad Voslau en Autri­che a validé l’indication de cryothérapie du corps entier pour les rhumatis­mes inflammatoires (poly­arthrite rhumatoïde, fibro­myalgie), spondylarthrite ankylosante, la spasticité musculaire, la contusion musculaire et la tendino­pathie.

La technique a aussi des effets antalgiques sur des affections neurologiques comme la sclérose en pla­que, en dermatologie sur la dermatite atopique et en traumatologie (capsuli­te rétractile, œdème post­opératoire).
Mais il y a aussi des con­tre ­indications absolues comme les affections sen­sibles au froid, la throm­bose veineuse profonde, les pathologies cardiovas­culaires récentes, l’insuffi­sance respiratoire, la poly­neuropathie...
La liste n’est pas exhaustive. S’il est mobile, le centre Cryosud a aussi un point d’ancrage. Il s’agit du par­king de l’hôtel ComfortInn, dans la zone des Cou­leures à Valence, avec le­quel Vincent Piraux a noué un partenariat dans le cas des cures.

Le nombre de cures varie selon le cas traité, d’une à deux séances par jour pendant cinq jours pour une préparation sportive à 20 séances pour les patho­logies rhumatismales et inflammatoires. Une séan­ce dure d’une à trois minu­tes. Et il faut un délai de quatre heures entre deux séances. Une cure peut donc durer trois semaines.

D’où ce partenariat, d’où aussi un tarif dégressif à compter de cinq séances.

L’utilisateur, ici le perchiste Renaud Lavillenie, est debout
dans la cabine. Son visage est à l’air libre.
La séance dure d’une à trois minutes.
Le froid peut aller de – 110 à – 150°.
Photo Cryoboreas

Voir en ligne : Dauphiné Libéré

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